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Agent administratif privé…

11 novembre 2006 1

Indiana Jones vivait des péripéties déconcertantes à l’époque où Harrison Ford n’avait pas encore de cheveu(x) blanc(s). C’était également l’époque où les informaticiens faisaient partie de l’élite du pays et où savoir toucher une souris était un véritable don…
Aujourd’hui le marché de l’informatique est complètement saturé et deux solutions s’offrent aux jeunes diplômés : partir à l’étranger pour devenir riche en inventant un système d’exploitation alternatif révolutionnaire ou entrer dans la fonction publique

Il faut des sous pour prendre l’avion…

La fonction publique semble donc la plus accueillante d’un premier abord. Pointeuse, RTT, grèves… Tout est fait pour faire rêver les débutants! Faisant fi de la jalousie du secteur privé envers les bas salaires du service public, beaucoup de jeunes prennent alors leur courage à deux mains et poussent la porte d’un point de recrutement…
Le recrutement ne se base que sur la compétence. Il s’agit donc de savoir si les compétences diminuent avec le temps où si les compétences requises des années 70 étaient les mêmes qu’aujourd’hui… Partons du principe qu’elles diminuent avec le ralentissement de la régénération des cellules (ce qui apporte une excuse médicale) et qu’il est temps que certains partent à la retraite. La réputation de l’administration française n’en sera que meilleure!

Bref, le jeune diplômé est donc engagé (en contrat précaire pour commencer) dans un ministère. Mais attention! Là encore, le monde se divise en deux catégories ; ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui… les organismes para-publics (ou les autorités administratives indépendantes) et les administrations (les vraies).
Les premiers souffrent souvent d’un difficile compromis entre secteur privé et public se résumant souvent à l’addition des avantages des deux parties. Monde cruel…
Les secondes souffrent de l’investissement de millions d’euros dans les essais nucléaires du Pacifique se résumant à la réduction du budget faramineux nécessaire à l’achat d’une boîte de crayons à papier HB n°2 (avec gomme) pour un bureau de soixante-trois personnes…

Bizarrement, on travaille mieux dans les secondes. La bonne humeur y est constante (même en cas de suppression du lundi de Pentecôte) et les relations sont saines. Le service y est d’ailleurs mieux assuré (dans les limites du budget).
A titre d’exemple, on pourrait opposer l’URSSAF au Trésor Public. L’une ayant souvent tendance à baisser son pantalon devant les multinationales tout en poignardant dans le dos les PME (dont l’espérance de vie est très réduite). L’autre ayant la pire réputation du monde (« ils volent notre argent! ») mais n’hésitant pas à accorder délais et remises grâcieuses dans les cas de dialogues polis et constructifs…

Laissons de côté les organismes para-publics et focalisons-nous sur les administrations. Là encore, il faut faire un partage… Il faut dissocier celles qui assurent les recettes et celles qui assurent les dépenses.
Les premières peuvent, au besoin, piocher dans leur flux monétaire pour renforcer l’énorme budget de la fameuse boîte de crayons à papier.
Les secondes doivent attendre. Et aussi attendre. Parfois même attendre.

L’Education Nationale fait partie des secondes. On le comprend facilement. L’éducation n’est pas une chose prioritaire. Encore moins dans ce pays si cultivé…
L’Education Nationale, c’est un peu le gouffre financier du pays (avec l’armée, mais ça, il ne faut pas le dire!). Et en même temps, le premier employeur de France. Dilemme!
Les écoliers sont un peu l’avenir professionnel et économique du pays. Mais ils coûtent si cher… Autre dilemme!
Le jeu favori d’un informaticien de l’Education Nationale est de deviner avec ses collègues si Windows Xp équipera les écoles primaires avant 2025 ou après…
Il s’amuse aussi à parier que l’installation du chauffage dans son bâtiment sera partiellement terminée à l’arrivée du printemps. Tout en misant sur une n-ième inondation due à une perceuse qui vise mal…

L’informaticien de l’Education Nationale travaille avec des personnes compétentes et volontaires mais qui n’ont pas d’ordinateurs…
L’informaticien de l’Education Nationale aime son travail. Il a des convictions.
L’informaticien de l’Education Nationale accepte d’être payé deux fois moins que dans le privé à qualifications égales…
L’informaticien de l’Education Nationale accepte volontier de partager les cinq mètres carrés qui lui servent de bureau avec ses douzes collègues…
L’informaticien de l’Education Nationale aime ne pas avoir d’électricité pendant des heures…

Mais pourquoi y reste-t-il? Bonne question… Peut-être parce qu’il espère que ça change.

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